Oscar et Lorena, un couple de jeunes espagnols, ont séjourné à l’Auberge Félicité du 19 juillet au 14 août 2009. A la veille de leur retour chez eux, ils acceptent de répondre à nos questions et de nous livrer leurs impressions sur leur voyage avec Ecosen. E. D. : Comment avez-vous découvert notre association ? Oscar et Lorena : Par l’intermédiaire de Patricia, une amie, qui est aussi une connaissance de Julien, le coordinateur d’Ecosen. E. D. : Qu’est-ce qui a motivé votre choix de voyager en Afrique ? O. et L. : C’est la première fois que nous venons en Afrique de l’Ouest. Nous souhaitions faire l’expérience de travailler dans un pays en voie de développement, et qui soit francophone, pour nous permettre de pratiquer et perfectionner notre français. E. D. : Pour quelle formule de voyage avez-vous opté ? O. et L. : Nous avons passé 26 jours à travailler à l’infirmerie située à la pouponnière de Vivre Ensemble (N.b. : une ONG installée à Mbour avec laquelle ECOSEN développe un partenariat pour ses voyageurs). Le domaine pédiatrique était nouveau pour nous. Même si la première semaine nous avons eu un peu de mal à trouver notre place, nous sommes parvenus à apporter une aide aux infirmiers dans leur tâche. E. D. : Que pensez-vous de l’organisation de l’accueil des voyageurs et des activités proposées au programme du séjour ? O. et L. : Nous avons beaucoup apprécié les visites proposées, et nous nous sommes bien imprégnés de la philosophie et des actions de l’association. Ici dans la famille, nous nous sommes sentis comme chez nous, adoptés. E. D. : Quel est le sentiment le plus fort que ce voyage vous a inspiré? O. et L. : C’est une question difficile, car nous éprouvons beaucoup de choses profondes. La gentillesse et la proximité des gens que nous avons rencontrés nous ont particulièrement touchés. Le choc des cultures est très fort et cette expérience de la différence nous a marqués. E. D. : Comment vous sentez-vous à la veille de votre départ ? O. et L. : Lorsque nous avons dû quitter les enfants à la pouponnière lors de notre dernier jour de travail, nous avons ressenti de la tristesse. Mais nous sommes aussi contents de rentrer et reprendre notre vie de tous les jours après cette expérience ; nous ressentons tout de même de la fatigue après cette expérience! E. D. : A votre retour chez vous, allez-vous parler de votre voyage à vos proches et amis et leur conseiller une expérience similaire ? O. et L. : Bien sûr, et nous leur conseillerons, comme nous, de trouver un travail plutôt que de passer de simples vacances, pour mieux s’imprégner de la culture locale. E. D. : Allez-vous revenir en Afrique ? O. et L. : Nous avons envie de revenir au Sénégal, et aussi de découvrir maintenant un pays d’Afrique de l’Est, car nous savons que cela sera très différent. E. D. : Souhaitez-vous continuer à soutenir Ecosen et ses différents projets ? O. et L. : Nous avons proposé notre aide pour réaliser les traductions en espagnol du nouveau site internet de l’association et comptons bien apporter ce que nous pourrons. Propos recueillis par Sophie Bour.
|
|||||||
| Comments | 0 | Hits: 1084 |
Article paru dans Libération du 7 Août 2009 Une ONG bretonne propose des séjours au plus près du mode de vie indigène. De notre correspondant à Rennes. Imaginez un peu : trois éleveurs massaïs en tunique rouge, colliers colorés cliquetant sur la poitrine et lance traditionnelle à la main, esquissant un pas de danse au milieu des vaches sur une verte prairie du bocage breton, du côté de Planguenoual, dans les Côtes-d'Armor. Ces trois ambassadeurs de la région de Siana, au sud-ouest du Kenya, n'ont pas quitté leur tenue traditionnelle durant tout leur séjour en France, notamment à Paris, où ils ont partagé l'antenne de RTL avec le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, et visité la cathédrale Notre-Dame. Ce séjour, fin juillet, n'avait qu'un but : promouvoir un projet d'écotourisme «responsable et durable» mis sur pied par Terra Natura, une petite ONG bretonne, en étroite collaboration avec les premiers intéressés. «On voulait aussi qu'ils aient une idée de notre style de vie, précise Vincent Doucet, principal porteur du projet avec son alter ego massaï Samuel Sekerot Ole Mpetti. C'est ce que j'appelle de l'ethnologie inversée.» Fosse «écolo». Après la visite du musée du quai Branly et la traite des vaches bretonnes («des rivières à lait»), les trois éleveurs sont retournés dans leur pays, où l'on met la dernière main au village qui accueillera en octobre les premiers écotouristes de Terra Natura. Une demi-douzaine de maisons traditionnelles en branchage croisé, terre et bouse de vache séchées, mais avec sanitaires confortables alimentés à l'énergie solaire et une fosse sceptique «écolo». Le premier village du genre au Kenya, assure Vincent Doucet : «On est loin des clichés d'un tourisme de masse en quête d'exotisme. Il ne s'agit pas de faire un coup, mais de créer un modèle économique viable et transposable à d'autres populations à partir d'un tourisme responsable, solidaire et en pleine harmonie avec la nature et l'environnement.» Pas question en effet ici de safaris spectaculaires dans la brousse à bord d'énormes 4x4. Intitulé «Je serai un Maasaï» (1), le projet propose un séjour d'une semaine au plus près de la nature et du mode de vie indigène. Et c'est à pied que les écotouristes partiront dans la savane sur la trace des gnous, zèbres, gazelles et autres grands fauves de la région. A leur tour, ils pourront aussi garder et traire les vaches en pays massaï. En retour, environ 50 % du coût global du séjour (entre 1 500 et 2 000 euros tout compris) seront consacrés à l'aide au développement : scolarisation, réhabilitation d'habitats, irrigation, programmes de préservation de la faune et de la flore, etc. Rien n'a été laissé au hasard. «La plantation d'arbres fruitiers est prévue pour compenser les émissions de CO2 des 4x4 nécessaires pour rejoindre le village, indique Vincent Doucet. Et nous n'utiliserons pas de charters, seulement des vols réguliers qui, de toute façon, assureraient la liaison.» «L'autre». L'entreprenant et optimiste Breton, qui parle de «tourisme initiatique», a trouvé la compagnie aérienne Swiss et un tour-opérateur pour jouer le jeu : le tourisme éthique, c'est l'avenir. «On est arrivés au bout d'un système, estime-t-il. Les gens commencent à prendre conscience de certaines valeurs, qu'il y a des façons de voyager différentes et que le vrai luxe n'est pas dans la chambre d'hôtel super moderne mais dans la rencontre de l'autre.» La rencontre des Massaïs venus en France a déjà été un franc succès («tout le monde était sous le charme», relève Vincent Doucet). Il n'y a plus qu'à souhaiter que l'inverse soit vrai. (1) Orthographe originelle du mot, qui signifie «celui qui parle le Maa». Pierre-Henri Allain
|
|||||||
| Comments | 0 | Hits: 792 |