ECOSEN, une aure façon de voyager...
     

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30.01.2010 11:47:40
Extraits de Presse

Article publié dans lemonde.fr le 19 Janvier 2010

Marcher dans le sable du désert est une expérience rare. Après avoir progressé sous le soleil, vient le temps du bivouac, à la fraîche et sous les étoiles. Mais à quoi bon traverser des paysages de rêve si c'est pour y subir le bavardage de compagnons obsédés par leurs problèmes de chaudière ou la grippe du petit dernier ?

Pour éviter ces désagréments, un nombre croissant de touristes optent pour un circuit en famille, avec des amis, ou des personnes partageant les mêmes affinités. "Les voyages sur mesure constituent une part croissante de notre activité", témoigne Elisabeth Verret, fondatrice de l'association L'Ami du vent, qui propose des randonnées dans le Sahara.

La nature austère du désert a la vertu de souder les marcheurs face à l'adversité. C'est un lieu idéal pour réunir une famille divisée ou une équipe de cadres en quête de motivation. L'Ami du vent a emmené dans les paysages du Sud tunisien et du Hoggar algérien des consultants lassés de leur train-train quotidien, des aristocrates britanniques prêts à se désintoxiquer de la société de consommation ou une femme qui rêvait de fêter ses 85 printemps au milieu des dunes et parmi ses proches.

L'excursion sur mesure séduit aussi des cercles à la recherche d'une spiritualité plus ou moins convenue : une femme pasteur et ses fidèles, un professeur de gymnastique chinoise qi gong avec ses élèves ou des passionnés de réflexologie plantaire qui apprennent, à l'issue de leur marche du jour, à se masser mutuellement les pieds. Certains poussent l'amour du désert jusqu'à vouloir s'y marier ("option" prêtre incluse), tandis que d'autres, friands d'insolite, ont préféré s'unir "au bord du cratère d'un volcan en activité à Vanuatu", raconte Guy de Saint-Cyr, fondateur d'Aventure et volcans. Cette agence dispose d'une liste de 350 mordus prêts à s'embarquer pour le bout du monde dès qu'un cratère se réveille. "Nous les prévenons aussitôt puis montons trois groupes de douze personnes", indique M. de Saint-Cyr.

La fascination pour les lieux mythiques n'épargne pas les responsables politiques dont ce groupe de députés qui se retrouve chaque hiver dans les dunes du Sahara. "Ils se jurent de ne pas parler politique et ils y parviennent", observe Elisabeth Verret, l'organisatrice. Mais contrairement à une règle en vigueur chez les randonneurs, ils n'hésitent pas à emporter leur flasque de whisky. Sans doute pour supporter une toujours possible "traversée du désert".

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Olivier Razemon


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26.10.2009 06:23:30
Extraits de Presse

Article paru dans La Presse du 23 Septembre 2009

En août dernier, de retour chez moi après cinq semaines en Europe, j'étais à la fois bronzée, ruinée et exténuée. Cinq vols intérieurs et autant de pays visités, une centaine de photos m'immortalisant dans une douzaine de lieux et un vague souvenir de mon périple m'ont donné envie de... prendre des vacances de mes vacances.

Le récit de mes péripéties en Croatie, à Berlin, à Vienne et à Amsterdam avait beau susciter les «ah, chanceuse!» des copains qui avaient passé leur été à Montréal, moi, j'enviais ceux qui avaient glandé tout l'été. C'est ainsi qu'a surgi en moi une nouvelle résolution: à l'avenir, je voyagerai autrement, je voyagerai lentement!Il semblerait que je ne sois pas la seule à lorgner le slow travel, une tendance à opter pour le less is more quand on prend le large. L'émergence du tourisme solidaire, de l'écotourisme, des circuits de cyclotourisme ou de voyages pédestres sont autant de manifestations d'une nouvelle mentalité dans l'art de voyager. Même que cette année, récession oblige, une nouvelle tendance est née, le staycation, qui consiste à prendre des vacances... sans bouger de chez soi!

L'histoire d'Ed Gillespie et sa compagne Fiona King qui, en 2007-2008, ont entrepris un tour du monde en vitesse «petit V», est un exemple intéressant de slow travel.

Virage crucial

Grand voyageur, Gillespie était pourtant conscient de la nécessité de modérer ses transports afin de minimiser sa contribution aux changements climatiques. Ainsi, pendant 381 jours, Ed et Fiona ont fait le tour du monde sans prendre l'avion. Ils ont donné la priorité aux transports en commun, navigué dans l'océan et vu du pays en train, en cargo, à vélos ainsi qu'à dos de chameau et de cheval.

«Nous avons redécouvert les joies du voyage terrestre. L'objectif de notre tour du monde était de voyager comme on le faisait autrefois, en prenant le temps d'apprécier les paysages, les cultures, la cuisine de chaque endroit visité.»

Consultant en communication dans le domaine des changements climatiques, Ed Gillespie tient désormais un blogue sur le slow travel. Pour lui, l'approche «lente» est un virage crucial pour freiner la dégradation de la planète. Intelligent, quand on sait que le transport aérien génère 13% des émissions de gaz carbonique (C02).

Carl Honoré, l'auteur de L'éloge de la lenteur et du récent Under Pressure, est souvent invité à donner des conférences sur le slow travel.

Joint à son domicile de Londres, l'ex-journaliste d'origine canadienne estime que le concept s'inscrit en réaction au «rythme effréné qui a contaminé chaque aspect de nos vies».

«À l'image des autres domaines du mouvement (le slow food, le slow parenting, le slow design, etc.), le slow travel s'inscrit en réaction contre une culture où la quantité a préséance sur la qualité, indique Carl Honoré. Le slow travel met l'accent sur la joie, le plaisir et la magie du voyage, plutôt que de se concentrer sur la seule destination.»

Soulignons que Carl Honoré prône aussi la contemplation comme antidote à la consommation.

Voyager lentement, mais comment?

Pour se convertir au slow travel, il est recommandé de bouder l'avion et de redécouvrir la langueur des longs voyages en train de Montréal à New York ou des balades en vélo dans la campagne autrichienne. Carl Honoré recommande aussi de réduire sa liste de «sites à visiter» ou encore d'opter pour un mode d'hébergement qui permet une immersion dans le quotidien.

«L'échange de maisons ou la location d'un appartement peut être une expérience très riche. Par exemple, cela permet de découvrir un quartier de Paris, de rencontrer ses habitants au café du coin. C'est le genre d'expérience qui reste gravée dans nos souvenirs», estime Carl Honoré, qui dit se rappeler davantage de ses vacances depuis qu'il s'adonne au slow travel.

Honoré encourage les aspirants à abandonner leur dépendance aux appareils photo, téléphones portables, Facebook et autres Twitter. «Avant l'ère technologique, l'une des joies de voyager était de délaisser son quotidien et de découvrir un nouvel endroit. Mais si on passe son temps à texter ses amis, à télécharger ses photos ou à relater ses moindres faits et gestes sur Facebook, on ne décroche jamais. Si on est pour passer son temps en ligne, on pourrait tout aussi bien rester chez soi!»

Dans la foulée, Carl Honoré déplore que les voyages soient devenus aujourd'hui des attributs pour rehausser son statut social. «On se vante de son dernier voyage à Barcelone comme on parle de sa nouvelle robe Prada ou de sa veste Armani», souligne-t-il.

Certaines agences de voyages comme Virtuoso ont commencé à proposer des forfaits aux voyageurs intéressés par l'idée du slow travel. L'auteur de guides de voyage Alastair Sawday a lancé une série d'ouvrages axés sur l'option lente (par exemple Go Slow Italy, etc.). Carl Honoré organise quant à lui des week-ends de retraite slow en Italie. Le webzine Faster Times publie désormais une chronique slow travel. Et des blogues sont consacrés à ce mode de voyage.

«Comme l'a écrit Marcel Proust, voyager est moins la découverte de différents pays qu'une façon de changer notre regard sur les choses», philosophe Ed Gillespie.

À méditer, la prochaine fois qu'on sera tenté de surcharger nos vacances...


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22.10.2009 04:01:47
Extraits de Presse

Article paru dans Le Monde du 13 Août 2009

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, tout le monde il fait de l'écotourisme, du tourisme solidaire ou du tourisme durable. Ou presque. Mais le consommateur soucieux de l'environnement doit consulter un dictionnaire des sigles et appellations pour se repérer dans la guirlande de chartes, labels et autres certifications que les professionnels exposent sur leurs vitrines. Comme si chacun voulait être plus vert que vert.

Cette soudaine préoccupation vient d'un constat désormais démontré : le tourisme pollue. Il représente aujourd'hui 5 % des émissions mondiales de CO2 et sa part va croissante.

Pire, les régions qui reçoivent le plus de visiteurs sont les plus menacées à court terme par les changements climatiques provoqués principalement par les transports. En résumé, l'activité touristique scie la branche sur laquelle elle est assise. D'où la multiplication des initiatives visant à limiter les dégâts.

En France, par exemple, l'Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), a rédigé, en 2007, une "charte nationale en faveur du développement durable". Il était temps. La pratique du ski, si naturelle dans son imaginaire, a été gourmande de béton, d'eau, d'atteinte aux paysages. Longtemps les stations ont fait n'importe quoi, avec la bienveillance de l'Etat.

Or les prévisions météorologiques lèvent des inquiétudes : le réchauffement de la planète va réduire l'enneigement, l'or blanc peut très vite perdre de son éclat économique.

Cette charte en huit plans d'action sur dix ans, vise à "pérenniser les économies locales et à garantir un tourisme durable". Parmi les principales priorités : réduire la place de la voiture en favorisant une offre de transports en commun et "donner la priorité à la consommation d'eau potable" en stockant les eaux de ruissellement pour alimenter ces abominables canons à neige, pompeurs sans vergogne de nappes phréatiques.

Selon Guy Vaxelaire, secrétaire général de l'association, 35 communes sur les 105 adhérentes à l'ANMSM, ont "manifesté le désir de signer ce document" : " Cette charte est une première étape, insiste-t-il. Non pour communiquer mais pour sensibiliser, agir, chercher à corriger le passé".

Comme si ce secteur avait beaucoup à se faire pardonner, 22 stations (d'Europe et de Suisse) ont créé, en 2006, le label Alpine Pearls, qui poursuit grosso modo les mêmes objectifs ; et les domaines skiables de la Compagnie des Alpes s'engagent eux dans une certification qualité, sécurité, environnement (QSE)...

Cette volonté d'inverser les tendances destructrices du tourisme touche tous les secteurs de l'activité : Afag/Afnor vient ainsi de décerner à huit entreprises "l'écolabel européen" : parmi elles un camping dans les Landes, quatre hôtels de la chaîne Best Western et un Club Med, celui d'Opio dans le Var.

Un nouveau sigle vient d'apparaître : ATR (agir pour un tourisme responsable), toujours délivré par Afag/Afnor. Cette initiative revient à une dizaine de voyagistes français spécialisés dans les randonnées. En 2001, ils publiaient déjà une plaquette intitulée "Déserts propres", sorte de charte de bonne conduite à l'adresse de leurs clients, mais qui entendait aussi oeuvrer pour le respect des équipes d'accompagnement employées sur place.

De cette première réflexion est née la volonté de codifier leur démarche en faisant appel à Afag/Afnor. Trois voyagistes ont obtenu cette année la certification ATR : Allibert, Atalante et Chemina. Ils s'engagent notamment à informer et à sensibiliser leur clientèle et à former les équipes locales.

"En résumé rapide, dit Gérard Neveu d'Allibert, nettoyer le désert après notre passage et ne pas nous comporter comme des négriers." A terme, souligne Gérard Neveu, ces engagements augmenteront sensiblement le prix de la prestation : " Mais le client comprendra que ces actions ont un coût", prévient-il.

Ce surcoût, Voyageurs du monde (VdM) a voulu le mettre en place en 2007 : ses clients qui le souhaitaient pouvaient participer à une caisse dite "compensation carbone". L'argent récolté devait alors financer une association de protection de l'environnement. Bilan : "une catastrophe", selon le mot de Jean-François Rial, PDG de VdM.

Conséquence, à partir de septembre 2008, VdM va imposer une petite augmentation à chacun de ses clients, "aux alentours de 10 euros". "Pour les clients de VdM, cette somme est dérisoire. Mais elle nous permettra de mener des actions dans les domaines de la formation de nos réceptifs et de la protection de l'environnement."

Bruno Caussé


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22.10.2009 03:49:41
Extraits de Presse

Article paru dans Le Monde du 13 Mai 2009

Bebekan est, le 27 mai 2006, à 90 % détruit par le séisme qui secoue le centre de Java, île mère de l'archipel indonésien. Le village de 400 habitants, dissimulé sous les tecks et bambous géants, à l'écart de la route qui relie Yogyakarta à l'océan Indien, ne reçoit aucun secours, jusqu'à l'arrivée d'une poignée de bénévoles. Elizabeth D. Inandiak et Asep accompagneront Bebekan dans sa renaissance. Une récolte de fonds est lancée pour que chacune des 90 familles puisse reconstruire une maison antisismique. L'entraide, le gotong royong, fonctionne de manière collégiale, chacun estimant au plus juste ses besoins. Priorité est donnée aux arts populaires : musique, danse, théâtre s'organisent sous le nouveau pavillon (photo). Ce sanggar, centre communautaire, accueille aussi : jardin d'enfants, cours d'informatique et de langues, clinique ambulante, initiation aux traditions locales. Aujourd'hui, deux chambres d'hôtes sont joliment aménagées (15 euros par jour avec repas). Un tourisme solidaire exemplaire qui finance ces activités.

Florence Evin


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22.10.2009 03:21:58
Extraits de Presse

Article paru dans Le Monde du 13 Août 2008

Bien sûr, il y a "acheter autrement", "consommer autrement", mais depuis 1995, date à laquelle l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) a organisé la première conférence mondiale du tourisme durable à Lanzarote, aux Canaries, plusieurs femmes et hommes de passion et de conviction se sont employés à démontrer qu'il existait aussi la possibilité de "voyager autrement".

Qu'il soit qualifié d'"équitable" ou de "solidaire", ce type de tourisme se développe en réaction à un seul constat : peut-on continuer à voyager sans que les pays d'accueil les plus pauvres ne bénéficient des dividendes du voyage ? Peut-on, à l'image du commerce équitable, faire que ce qu'on achète ici profite à ceux qui produisent ? Autrefois, ce type de tourisme était confidentiel et seules quelques associations, à l'image de Croq'Nature par exemple, proposaient une alternative au voyage traditionnel.

Depuis plusieurs années, cette nouvelle façon de voyager est sortie de la confidentialité et n'est plus l'apanage de quelques voyagistes militants ou organismes spécialisés comme le sont Point Afrique ou La Balaguère. Même les grands acteurs du tourisme dit de "masse" s'y intéressent : Accor, Fram, Jet Tours, Nouvelles Frontières ou Asia, pour ne citer qu'eux, ont pris des engagements en matière de tourisme "durable" ou "éthique". Les guides de voyages ne sont pas restés longtemps à l'écart de cette tendance : Le Petit Fûté a sorti au mois de mars un nouveau guide intitulé Tourisme solidaire.

Un guide qui définit les enjeux d'un tel tourisme et qui recense les associations, les organisations non gouvernementales (ONG) et les voyagistes qui aideront les futurs touristes à franchir le pas. Car le tourisme durable, selon les chiffres les plus optimistes, ne représente que 2 % à 3 % de la consommation touristique mondiale.

Le poids et les enjeux du tourisme sont à la fois considérables et souvent méconnus. Le tourisme est la première industrie mondiale avec des recettes frisant les 485 milliards d'euros en 2004, selon les chiffres de l'OMT, des recettes qui représentent 12 % du produit intérieur brut (PIB) de la planète. En 2020, pas moins de 1,6 milliard de touristes sillonneront le monde, alors qu'ils n'étaient que 592 millions il y a dix ans. C'est aussi une activité qui, selon la Banque mondiale, procure 10 % des devises des pays en voie de développement et qui donnerait à travers le monde du travail de 5 % à 15 % de la population. Il ne faut pas perdre de vue que pratiquement seul le Nord et ses entreprises profitent de la manne. Une manne qui a permis à de nombreux pays pauvres du Sud de franchir la première étape de développement.

Le mouvement du tourisme solidaire se consolide de toute part : du 23 au 27 mars s'est tenu le 2e Forum international du tourisme solidaire et du commerce équitable (FITS), au Chiapas (sud-est du Mexique). Il a réuni les acteurs du Nord et du Sud pour tenter de fédérer ces nouvelles formes de solidarité. "Loin d'être une utopie, l'offre solidaire existe réellement, même si elle reste peu visible en France, pays qui accuse un malheureux retard en la matière", relève Céline Magnin, qui a rédigé le guide Tourisme solidaire.

En dépit de ce retard, les initiatives se multiplient. Mais, déplorent de vieux routiers du tourisme équitable, les actions menées sont parfois maladroites. Jean-Luc Gantheil, directeur de Croq'Nature et pionnier de ce type de tourisme, a bondi de son siège à la diffusion d'un reportage télévisé sur le tourisme solidaire dans lequel on voyait l'un des voyageurs apporter une machine à coudre dans un village pour le tailleur local. "Ce tourisme équitable, proteste-t-il, ne doit pas s'apparenter à de l'humanitaire. C'est tout sauf cela. Les voyageurs ne sont pas là pour jouer au Père Noël pendant une semaine." A cette méthode, il préfère celle prônée par Croq'Nature et par d'autres adhérents de l'Union nationale des associations de tourisme et plein air (UNAT), des projets structurants. Jean-Luc Gantheil préfère ainsi prélever 6 % du prix du voyage et le réinvestir dans une caisse de développement local.

En 2005, Croq'Nature a ainsi collecté 50 000 euros, et en douze années d'existence, ce sont 340 000 euros qui ont été affectés en Algérie, au Maroc, au Mali, en Mauritanie et au Niger, à trois principaux postes : la scolarisation, le forage des puits dans les zones sahariennes et la création de postes de santé avec la formation d'infirmiers.

François Bostnavaron


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21.10.2009 00:00:00
Extraits de Presse

Article paru dans Libération du 7 Août 2009

Une ONG bretonne propose des séjours au plus près du mode de vie indigène.

De notre correspondant à Rennes. Imaginez un peu : trois éleveurs massaïs en tunique rouge, colliers colorés cliquetant sur la poitrine et lance traditionnelle à la main, esquissant un pas de danse au milieu des vaches sur une verte prairie du bocage breton, du côté de Planguenoual, dans les Côtes-d'Armor.

Ces trois ambassadeurs de la région de Siana, au sud-ouest du Kenya, n'ont pas quitté leur tenue traditionnelle durant tout leur séjour en France, notamment à Paris, où ils ont partagé l'antenne de RTL avec le président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré, et visité la cathédrale Notre-Dame. Ce séjour, fin juillet, n'avait qu'un but : promouvoir un projet d'écotourisme «responsable et durable» mis sur pied par Terra Natura, une petite ONG bretonne, en étroite collaboration avec les premiers intéressés. «On voulait aussi qu'ils aient une idée de notre style de vie, précise Vincent Doucet, principal porteur du projet avec son alter ego massaï Samuel Sekerot Ole Mpetti. C'est ce que j'appelle de l'ethnologie inversée.»

Fosse «écolo». Après la visite du musée du quai Branly et la traite des vaches bretonnes («des rivières à lait»), les trois éleveurs sont retournés dans leur pays, où l'on met la dernière main au village qui accueillera en octobre les premiers écotouristes de Terra Natura. Une demi-douzaine de maisons traditionnelles en branchage croisé, terre et bouse de vache séchées, mais avec sanitaires confortables alimentés à l'énergie solaire et une fosse sceptique «écolo». Le premier village du genre au Kenya, assure Vincent Doucet : «On est loin des clichés d'un tourisme de masse en quête d'exotisme. Il ne s'agit pas de faire un coup, mais de créer un modèle économique viable et transposable à d'autres populations à partir d'un tourisme responsable, solidaire et en pleine harmonie avec la nature et l'environnement.»

Pas question en effet ici de safaris spectaculaires dans la brousse à bord d'énormes 4x4. Intitulé «Je serai un Maasaï» (1), le projet propose un séjour d'une semaine au plus près de la nature et du mode de vie indigène. Et c'est à pied que les écotouristes partiront dans la savane sur la trace des gnous, zèbres, gazelles et autres grands fauves de la région. A leur tour, ils pourront aussi garder et traire les vaches en pays massaï.

En retour, environ 50 % du coût global du séjour (entre 1 500 et 2 000 euros tout compris) seront consacrés à l'aide au développement : scolarisation, réhabilitation d'habitats, irrigation, programmes de préservation de la faune et de la flore, etc. Rien n'a été laissé au hasard. «La plantation d'arbres fruitiers est prévue pour compenser les émissions de CO2 des 4x4 nécessaires pour rejoindre le village, indique Vincent Doucet. Et nous n'utiliserons pas de charters, seulement des vols réguliers qui, de toute façon, assureraient la liaison.»

«L'autre». L'entreprenant et optimiste Breton, qui parle de «tourisme initiatique», a trouvé la compagnie aérienne Swiss et un tour-opérateur pour jouer le jeu : le tourisme éthique, c'est l'avenir. «On est arrivés au bout d'un système, estime-t-il. Les gens commencent à prendre conscience de certaines valeurs, qu'il y a des façons de voyager différentes et que le vrai luxe n'est pas dans la chambre d'hôtel super moderne mais dans la rencontre de l'autre.» La rencontre des Massaïs venus en France a déjà été un franc succès («tout le monde était sous le charme», relève Vincent Doucet). Il n'y a plus qu'à souhaiter que l'inverse soit vrai.

(1) Orthographe originelle du mot, qui signifie «celui qui parle le Maa».

Pierre-Henri Allain


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